MAI-JUIN 2012 :
LES SACRIFIÉES

Texte : Laurent Gaudé
Mise en scène : Stéphanie Loïk,
|
Raïssa est une jeune fille qui vit dans la campagne algérienne, sa mère est morte en couches, elle est maudite, elle porte en elle cette faute originelle. À travers trois générations de femmes (Raïssa, Leïla et Saïda), à travers trois époques de l’histoire de la France et de l’Algérie, la malédiction se perpétue. À chaque fois sous un nouveau visage : la guerre, l’immigration, la montée du fanatisme.
Chacune de ces femmes lutte contre l’histoire, essayant d’échapper aux coups du sort qui renversent tout. Stéphanie Loïk travaille depuis quelques années avec les élèves comédiens des écoles supérieures de théâtre. Ses ateliers d’interprétation aboutissent toujours à des représentations publiques.
Cette fois, c’est avec les étudiants de deuxième année de l’Académie qu’elle va mettre en scène ce magnifique texte de Laurent Gaudé. Elle a choisi de le monter car il nous permet de revisiter l’histoire. C’est avec un spectacle choral et chorégraphique qu’elle veut faire entendre cette tragédie des temps modernes.
|
Assistante à la mise en scène : Vera Ermakova
Avec les comédiens de l’Académie - Séquence 7
Production Académie, École Supérieure Professionelle de Théâtre du Limousin / Théâtre de l’Union, Centre Dramatique National du Limousin / Théâtre du Labrador |
Prochaines dates :
Festival des écoles 2012 - La Cartoucherie - Paris du 21 au 24 juin 2012
jeudi 21 juin (21h) / vendredi 22 juin (21h) / samedi 23 juin (20h) / dimanche 24 juin (20h)
MARS 2012 :
STAGE D'INTERPRETATION dirigé par Jean-Claude Fall.
 |
Les académiciens ont suivi un stage d'interprétation dirigé par Jean-Claude Fall, à partir de : "Le pays lointain" de Jean-Luc Lagarce.
(Jean-Claude Fall est metteur en scène, il a dirigé la Compagnie La manufacture de 1978 à 1982, le Théâtre de la Bastille de 1982 à 1988, Le théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis- Centre Dramatique National de 1989 à 1997 et le Théâtre des Treize Vents- Centre Dramatique National de Montpellier Languedoc-Roussillon de 1998 à 2009.)
|
Note d'intention de Jean-Claude Fall :
Le Pays Lointain
A la première lecture des pièces de Jean-Luc Lagarce chacun reste perplexe, pantois, titillé par ce qui semble être une écriture totalement énigmatique. Nous sommes devant une langue, un système narratif, des codes de jeu extraordinairement particuliers.
Novatrice, surprenante, difficile, complexe dans son rapport au récit et au jeu des acteurs. Elle a l’art de vous prendre à contre-pied et déréalise les situations qu’elle semble proposer, de détricoter d’un côté ce qu’elle semblait tricoter d’un autre.
L’espace : La réponse à la question de « où ça se passe » est rarement évidente chez Lagarce. La résoudre (pour soi) donne des clés pour tout le reste. Dans « le pays lointain » tout se passe comme si les protagonistes étaient là depuis toujours et pour toujours. Dans « l’entre deux » beckettien, plus en vie mais pas encore tout à fait morts. L’idée de voyage sans fin fait son chemin. Je demanderai aux acteurs de « marcher sur place ». Et puis bien sûr ils auront avec eux des valises. Les valises… C’est bien sûr une représentation du sentiment d’exil. C’est aussi une représentation du corps, du plus intime du corps. De ce qui se transbahute du corps malgré nous.
Le temps : Le temps chez Lagarce subit un traitement très complexe. Passé, présent et futur se télescopent, s’enchevêtrent, sans cesse. Il nous faudra faire un travail minutieux et des choix très précis pour non pas démêler l’écheveau mais comprendre de quand ça parle. Et quand ça parle. En général ces questions obligent à comprendre aussi de quoi ça parle. Toutes les pièces de Lagarce contiennent ces énigmes qu’il faut à la fois comprendre et respecter (« malheur à toi si tu dévoiles l’énigme » dit le Hans de Handke dans « Par les villages »).
La parole : Entre récit du passé au passé, du passé au présent, du présent au passé et du présent au présent, etc., le statut de la parole bouge sans cesse. Mais il est toujours question de récit. Peu ou pas de dialogue en action.
Les réponses que nous devons apporter à la question de ce statut de la paroles se doivent d’être simples et claires pour que les acteurs puissent s’approprier ces mots, ces constructions. Que tout cela ne soit pas un simple effet d’écriture, mais bien une langue portée par des acteurs en jeu. Il nous faut nous raconter, parallèlement à l’histoire qui semble se raconter, une autre histoire qui mette ces paroles « en situation ».
Nous nous sommes donc raconté que Louis emmène avec lui dans son éternel voyage vers le pays lointain tous ceux qui ont traversé sa vie. Nous nous sommes raconté les histoires des personnages. Ces histoires qui nous permettent de dire ces mots dans des situations claires pour les acteurs tout en gardant intacte l’énigme originelle.
Difficile mais ludique et exaltante, voilà ce qui pourrait qualifier l’écriture de Lagarce.
STAGE D'ACROBATIE dirigé par Maxime Pervakov et Emilie Plouzennec.
|