KINOSAKI-JAPON

Monday 03 June 2019

Voila déjà deux semaines que nous avons atterri au Japon et que nous vivons et travaillons au Kinosaki International Arts Center (KIAC).
Deux semaines que nous avons débuté les répétitions de la pièce Au fond de cette forêt et que nous échangeons avec les japonais et les coréens ; nous avons donc pu nous familiariser avec toute l’équipe : comédiens, techniciens et également les membres du KIAC.

Une fois redescendus de toutes nos émotions de découverte et de nouveauté, nous pouvons dire que nous nous sommes acclimatés avec ce lieu, et plus ou moins avec les nouvelles règles de vie à la japonaises très rigoureuses.

Le travail avec le metteur en scène Oriza Hirata poursuit son cours. Tout le monde semble trouver ses aises dans le travail que ce soit du côté coréen, français ou japonais.
Bien que ce mélange exotique puisse semblé avoir du mal à trouver un langage commun, nous parvenons tout de même parfaitement à nous comprendre grâce à nos traducteurs respectifs et à la précision du metteur en scène, et même parfois, à avoir de grands moments de fous rires malgré la barrière de la langue !

La méthode et l'approche théâtrale d'Oriza Hirata ne ressemble en rien à l'approche théâtrale française, dont nous avions auparavant fait l'expérience en tant qu'élèves.
Lors de Dom Juan ou le festin de pierre, création de Jean Lambert-wild et de Lorenzo Malaguerra, spectacle aussi peu commun dans la forme, puisque nous étions plusieurs comédiens à jouer le même rôle en alternance, nous devions chacun réussir à reproduire ce que les autres camarades avaient trouvé comme propositions justes et à la fois, nous devions garder notre propre façon d'interpréter le rôle. Du coup, nous étions tous dans la recherche de notre personnage : comment peut-il marcher? quelle voix utilise-t-il ? d’où vient-t-il ? quel est son état d'esprit ? qu'est-ce qui l'anime ? dans quelles conditions arrive-t-il au plateau ? que vient-il dire ? pourquoi ? et bien d'autres questions que nous avons dû nous poser pour pouvoir construire ces personnages.

Dans la méthode d'Oriza Hirata ce sont des scènes quotidiennes, avec des prises de paroles où les personnages parlent en même temps, des fragments de phrases, des mots parfois inaudibles, et tout cela avec un ton sobre et normal. Le caractère du personnage est déjà dessiné par l’écriture, les personnages étant très proches de nous, car Oriza Hirata a écrit après les différentes rencontres (lors de stages pour les français, d'auditions pour les coréens), les japonais étant des comédiens de sa Compagnie : la Cie Seinendan.
Oriza Hirata utilise le terme de "Théâtre familier contemporain".

Lors d'une répétition,  je ne comprenais pas d’où venait mon personnage, quel était son rapport aux autres. Je pose la question à Oriza Hirata pour que cela soit plus clair pour moi.
"Quel est mon rapport au autres personnages ?" voilà ce qu'il ma répondu : "Comme je vous l'ai expliqué lors de notre session de travail à Limoges, en ce qui concerne ma méthode d'écriture, je ne pense pas à tout cela quand j’écris, toutes ces questions on va y répondre ensemble au plateau, on va le découvrir tous ensemble..."

À la fin de cette deuxième semaine, nous avons testé l’intégralité du texte lors d'un premier filage complet de la pièce et c'est avec des retours très positifs de la part de l’équipe, que nous allons commencer cette troisième semaine de résidence.
Comme prévu, la pièce dure 90 minutes exactement, "pur produit de la précision japonaise!" selon les mots d'Oriza Hirata.

Nous avons également accueilli la deuxième partie de l'équipe française le 28 mai : nos camarades vennus nous rejoindre pour attaquer l'autre création, notre spectacle de sortie d’école,  La fibre scientifique, écrit et mis en scène par Oriza Hirata. 

L'aventure poétique continue ! 

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