KINOSAKI-JAPON

Wednesday 22 May 2019

Après de nombreuses heures passées dans différents aéroports (Paris, Tokyo), nous arrivons presque au terme de notre voyage : Tottori. Une voiture nous y attend, et c'est parti pour deux heures de route le long de la côte : c'est la dernière ligne droite ! Pour nous accueillir, un magnifique coucher de soleil, dans la lumière duquel nous découvrons la mer du Japon et les montagnes qui nous serviront de paysage pour le mois qui vient. Il est 19h.

Une fois arrivés au KIAC (Kinosaki International Arts Center), Monsieur Oriza Hirata nous accueille avec toute son équipe. On parle planning et organisation, et nous rencontrons l'équipe complète de comédiens, les japonais et coréens (ces derniers arrivés quelques heures avant nous), notre future « famille ». L'occasion de partager un pot de bienvenue.

Après une nuit relativement courte, nous profitons de notre matinée de libre pour attraper les vélos mis à notre disposition, et faire un tour dans la ville de Kinosaki. Réputée pour ses thermes, la ville est disposée autour d'un canal traversé par de nombreux ponts. Nous sommes étonnés du calme qui règne au sein des rues : c'est un véritable havre de paix.
Malgré les cerisiers qui ne sont plus en fleurs, la ville est sublime. Il fait très beau et nous décidons de grimper une montagne accessible à vélo pour prendre un peu de hauteur.

Après le déjeuner, nous traversons le texte entre comédiens, puis une sortie nous est proposée pour découvrir les fameux bains « Onsen ». Nous prenons vite conscience du fait que nos maillots de bain ne nous seront pas d'une grande utilité... et que la serviette microscopique que nous sommes priés de nous procurer ne cachera pas grand-chose. Les plus courageux plongent donc, tout nus, dans une eau très chaude, dans laquelle il est conseillé de ne pas rester plus de cinq minutes pour commencer. Mais cette dernière est très vertueuse, pour la peau notamment. Et quelle détente ! Pour certains, cette pratique est devenue quotidienne.
Dès le lendemain, le rythme est lancé : la journée commence à 10h avec la première répétition, puis déjeuner à 13h, reprise de la répétition à 15h, dîner à 18h, et dernière répétition de la journée entre 20h et 23h. Nous reprenons les scènes une à une, dans l'ordre, et les dessinons de façon très précise : la rigueur est nécessaire pour faire cohabiter nos trois langues. En effet, la pièce regroupe une vingtaine de personnages, proportionnellement japonais, coréens et français, des scientifiques pour la plupart, spécialisés dans la primatologie dans un laboratoire à Madagascar. Ils communiquent grâce à une astuce narrative qui prend la forme d'un transmetteur permettant la traduction en direct : le japonais se mélange au coréen et au français de manière tout à fait naturelle. Pour ce faire, le metteur en scène nous demande de reprendre la même scène un grand nombre de fois, jusqu'à ce que les acteurs soient tout à fait à l'aise. Cette particularité de « Au fond de cette forêt » nous demande une concentration et attention maximales.

Grâce aux traducteurs japonais-coréen et japonais-français, la compréhension des uns des autres est assez simple. En-dehors des répétitions, nous communiquons en anglais, mais nos vocabulaires étrangers respectifs s'enrichissent de jour en jour.

L'organisation, l'ordre et la rigueur règnent, tant dans le travail qu'au sein de la vie commune.
Étrangement, après quelques jours, nous sommes tous d'accord pour dire que, malgré le décalage horaire de 7h, le rythme assez soutenu, et le manque de sommeil accumulé, nous nous sentons tous en pleine forme. Nous soupçonnons les plats préparés par les deux cuisiniers du KIAC de nous procurer une sacrée énergie...

Au niveau gastronomique, nous sommes gâtés : les plats traditionnels s'enchaînent, à base de poisson, boeuf, nouilles, riz, tofu, champignons, fruits de mer, algues... Les coréens nous font également goûter leurs spécialités dès que l'occasion se présente. Chaque jour de nouvelles saveurs nous sont proposées, parfois dépaysantes mais toujours étonnantes, et la plupart du temps, savoureuses. Nous avons d'ailleurs eu la surprise, un soir à minuit après une répétition, de voir une camionnette arriver au pied des marches du KIAC pour nous proposer des nouilles, préparées sous nos yeux : une tradition japonaise qui, apparemment, se fait de plus en plus rare.

C'est un véritable voyage gustatif, pour lequel nous essayons tous de manier les baguettes du mieux qu'on peut.

Dimanche, Monsieur Oriza Hirata a écourté la répétition du matin pour nous faire profiter de « la fête de l'algue », à vingt minutes en voiture du KIAC, au bord de la mer. Nous avons pu y déguster des algues sous plusieurs formes, dans une ambiance très festive.

Mercredi nous avons eu notre premier jour de repos. Nous nous sommes divisés en deux groupes : certains sont partis en randonnée dans la forêt pour accéder au Temple Onsenji, les autres sont allés à la plage, à vingt minutes en vélo. Malgré le vent et l'eau fraîche, le soleil était au rendez-vous, et nous avons pu nous baigner. Le soir, une réservation avait été faite pour tout le monde dans un restaurant de sushis, à une vingtaine de minutes en voiture du KIAC, où les plats nous arrivaient sur tapis roulant. L'occasion de découvrir que les sushis sont totalement différents de ceux qu'on peut trouver en France !

Ce voyage promet encore de belles surprises.

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