"Seul en scène"

vendredi 18 & samedi 19 septembre 2020
L'Académie

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ÉCRIRE-JOUER UNE PIÈCE THÉÂTRALE POUR 1 SEUL.E EN SCÈNE

Durant le confinement, Guillaume HASSON, dramaturge, metteur en scène, a proposé aux élèves d'écrire un "Seul en scène". De retour à L'Académie, le désir fort des élèves d'éprouver sur le plateau leurs textes, nous a conduit à inscrire dans le programme 2 semaines de création aboutissant à deux jours de présentation de ces maquettes. 

Le confinement a été une contrainte de solitude, une coupure brutale avec l'altérité, une suspension à l'antithèse même du geste théâtral. Et pourtant… ce fut pour les académiciens, académiciennes de l’Union l'occasion, de se saisir de cette réclusion dont a souvent besoin l'écriture pour se déployer… ils et elles ont donc écrit sur cette période inattendue, déconcertante, avec la nécessité d’inventer une autre situation que celle qu'ils ou elles rencontraient, transposant leur réalité dans un autre monde, un autre espace, un autre temps, un autre « soi-même »… et, du point zéro de l'écriture à l'oméga de la représentation théâtrale, ce qu'ils ou elles ont surtout appréhendé, sous-jacente au texte, c’est une nécessité incompressible, inaltérable, qui jouxte le monde et la vie, qui fonde le mouvement d’écrire, et dont le comédien, la comédienne se fait l’envoyé intime, la messagère secrète, émissaires d’un invisible-indicible seul capable de conférer au verbe et au jeu leur pleine-puissance.

Il s’est agi d’écrire une pièce d’une durée maximale de 15 minutes, jouée par son autrice ou son auteur. La pièce devait traiter une histoire centrée autour d’un personnage en situation de confinement, l’histoire d’un personnage inscrit dans un temps et un espace réel ou imaginaire, et dont les réactions obéissaient, non seulement à ce qui le définissait, mais aussi aux tribulations que provoquaient à la fois sa situation de confiné.e et les différents incidents ou les diverses actions qui se produisaient dans son lieu de vie. 

Il fallait penser qu’entre le début et la fin de l’histoire, une partie de la destinée de ce personnage se jouait. 

La structure de la pièce pouvait intégrer, si nécessité, d’autres personnages dont on pouvait percevoir la voix, mais qui n’étaient pas incarnés dans le jeu. Ils pouvaient intervenir par le biais d’autres stratagèmes scéniques, techniques : ombres, son, vidéo, marionnettes, etc… Mais ces personnages ne réclamaient pas la présence en scène d’autres comédien.ne.s. 

Mais avant de se lancer dans l’écriture, les académicien.ne.s devaient s’employer à structurer leur futur écrit en menant une réflexion dramaturgique sur les différents éléments qui peuvent charpenter une écriture : 

La situation de confinement
Historique, réaliste, surréaliste, science-fictionnelle, ou autre… Le confinement pouvait être présenté (ou pas) comme différent à la situation que nous connaissons aujourd’hui.-

L'analyse thématique
Argumenter la thématique de la pièce, dire ce qui subjectivement poussait à traiter le sujet choisi. Il s’agissait également de développer une argumentation étayée par des références de toutes sortes : scientifiques, historiques, économiques, sociologiques, politiques, sociétales, psychologiques, littéraires, philosophiques…

Le personnage
Écrire/décrire son personnage, central dans ce seul-en-scène, peindre ses grands traits de caractère ou de psychologie, lui donner un nom, un âge, décrire son physique, son costumes, lui imaginer un passé, un présent, un avenir, lui conférer une situation sociale, lui attribuer, une situation familiale, lui façonner une obsession, une préoccupation, un tiraillement / ou un état-moteur généré par la situation du confinement (ou une association d’évènements en lien avec cette situation).

L’espace-temps
Penser le lieu et le moment où et durant lequel se déroulait l’action. Et l’inscrire dans un espace scénographique. 

Le résumé de la fable
Dégager peu à peu une vision claire de votre fable : un début, une fin, celles-ci découlant d’une intuition forte de son cheminement. Construire une histoire cohérente et équilibrée.

L'édification d’un séquentiel
Établir un séquentiel qui décrit, les uns après les autres, d’une façon coordonnée, les différents mouvements qui organise votre fable. Saisir la montée de l’action, les accents qui scandent l’évolution de la situation, de construire un rythme à l’histoire par l’agencement du découpage, d’approfondir la menée de l’intrigue, la montée d’un suspense, les brisures narratives (coups de théâtre, surprises) ou la marche de la destinée.

Guillaume HASSON

Les maquettes de ces "Seul en scène" sont présentées à l'école vendredi 18 & samedi 19 septembre 2020

©Lucile Dirand


Célestin Allain-Launay 
"On entendra ta voix" - Chaque jour est une grande fête, car chaque jour, Emmanuelle réalise une nouvelle émission sur son idole, le grand Pierre Bachelet. Mais aujourd'hui, le 15 février 2005, ce sera la plus grande de toutes les fêtes.


Mahéalani Amaru
 "Je suis Volontaire" - Bonjour le jour !...  

Adélaïde Bigot "Un, deux, trois ... Soleil" - Seule et ennuyée, il devient urgent de créer. Se trouver un but pour ne pas dépérir. N’avoir qu’un cerveau pour réfléchir. Une cohabitation inattendue, seul objectif d’une vie perdue.

El-Badawi Charif "Talus"


Roxane Coursault-Defrance 
"La Chair à la terre" - Un pays oublié, des bruits de tirs, un acacia en parapluie et une jeune fille armée. 

Robinson Courtois "Comme un poisson dans l'eau" - C'est l'histoire d'une personne qui a traversé le monde sans y laisser de trace. Il vit encore. Il est juste oublié, un peu, par le monde autour. Il s'est oublié lui-même, par la force des choses. Le monde qui l'entoure rétrécit au fur et à mesure. Il n'existe plus vraiment, il oscille entre l'individu, le parasite et le fantôme. C'est une personne d'un certain âge.

Thibault Delacoste "Une épave dans le ciel" - Samuel, le garçon moyen qui part sur la lune comme un moins que rien, ne s'attendait pas à dévier si vite de sa route. Dans sa petite sonde de survie suréquipée, il se perd dans tous les sens, ne sachant plus comment réparer son antenne de communication.

Lucile Dirand "Bébé, poupon, pantin" - Le coquelicot est une très belle fleur, qu’on peut retrouver dans les champs. Le coquelicot s’est enfermé dans sa chambre, et elle lutte.

Marianne Doucet "Les moyens du bord" - Anna est partie pour un long voyage. Dans son périple, sa barque se fait surprendre par une tempête.

Richard Dumy "Pas la peine d'ouvrir les rideaux" - Rachel, ancienne icône vieillissante, est enfermée chez elle. Obsédée par son passé sous les projecteurs, elle regarde en boucle les grands moments de sa carrière, tentant désespérément de comprendre qui elle est vraiment.

Siméon  Ferlin "Pépé" - Un phare, une tempête, une corne de brume et une âme solitaire. 

Ornella Hoko "Terra"


Coline Kuentz
 "Feux de brouillard" - Sonia s'est enfuie. Elle a donné rendez-vous à Édouard dans la forêt. Viendra-t-il la retrouver comme elle l'a tant espéré ?


Luka Mavaetau
 "Apis Meliferra" - Histoire d’une mouche piégée sur un attrape mouche.

Hélène Luizard "Andrée"- Après une longue errance, Andrée s'est réfugiée dans une cabane de jardin abandonnée. 

Youness Polastron "The movie" - Un projet ambitieux, qui pourrait révolutionner le cinéma français. Il y avait un avant, il y aura un après.

Joris Rodríguez  "Le bruit des larmes"- Pour Vicenç pour mon frère. Je dessine avec du quartz blanc. La constellation du loup. Empalé par le centaure. Sur le seuil de notre cabane d'enfant. Devant la porte toujours ouverte. De mon tombeau.